Osho – L’acharnement contre l’autre

Osho – L’acharnement contre l’autre

Dans quelle mesure ce qui arrive à l’extérieur, tel que la mort, la trahison, etc… concerne mon mental ? Comment pourrais-je être responsable de ces choses ?

Vous n’êtes pas responsable de ces choses là.

Si quelqu’un meurt, vous n’êtes pas responsable de cette mort, mais par contre la façon dont vous allez interpréter cette mort, ça c’est votre responsabilité. Quand quelqu’un vous trahit, vous n’êtes pas responsable de cette trahison. Comment pourriez-vous l’être ? Mais vous appelez ce qui s’est passé une trahison, peut-être n’en est-ce pas une ? C’est vous qui voulez le voir comme ça. Et de cette interprétation, vous êtes responsable.

Vous appelez ce qui est arrivé « la mort » : si votre mère meurt, vous appelez cela la mort et vous souffrez. En fait vous ne souffrez pas parce que votre mère est morte. Vous souffrez parce que vous pensez que c’est la mort. Si vous compreniez la vie, vous sauriez qu’il n’y a pas de mort ; alors votre mère peut mourir – les mères meurent toujours – mais vous ne souffririez pas. Elle a simplement quitté ce vieux corps ; ça devrait plutôt être un moment pour se réjouir. Hmm ?!… elle avait un cancer ou la tuberculose, elle était vieille, et souffrait de tas de maladies, elle n’en pouvait plus !

Vous appelez cela la mort ?

J’appelle ça juste quitter un vieux corps pour entrer dans un tout neuf. Pourquoi est-ce que je devrais souffrir de ça ? On devrait en être heureux et s’en réjouir. Tout dépend de l’interprétation – et de cette interprétation vous êtes responsable.

Quelqu’un vous trahit ; mais qui dit que c’est une trahison ?

Par exemple, votre partenaire amoureux, votre mari, ou votre femme, vous quitte. Vous dites que c’est une trahison.

C’est votre interprétation.

La raison en est que vous étiez peut-être trop possessif ? La personne ne vous a pas trahi, elle essaie simplement de se sauver de cette situation. Vous étiez trop possessif, vous vous accrochiez trop, vous étouffiez son être, vous détruisiez sa liberté. L’autre est juste en train d’essayer d’avoir la vie sauve, pas de vous trahir ! Il est peut-être parti avec une autre femme dans l’espoir que, peut-être, avec quelqu’un d’autre, la fleur de l’amour puisse fleurir.

Mais votre comportement était contraignant, et maintenant vous dites que c’est une trahison. C’est vous qui avez provoqué toute la situation, et maintenant vous appelez ça une trahison !

Regardez très clairement, devenez vraiment vigilant-e, voyez ce qui s’est produit. Si vous ne lui aviez pas autant pris la tête, peut-être ne serait-il pas parti ? Vos reproches le rendait fou. Ou bien vos reproches étaient en train de le rendre insensible.

Il n’y a que deux solutions pour vivre avec une femme ou un mari qui vous harcèle continuellement. L’une de ces solutions – celle que presque tous les hommes choisissent – c’est de se rendre insensible. Dès que vous rentrez à la maison, vous vous cuirassez. Elle s’acharne sur vous et vous faites comme si rien ne se passait, vous lisez votre journal, vous n’écoutez pas ce qu’elle dit.

Mais là, vous êtes en train de trahir votre propre intériorité, parce que plus vous serez insensible, moins vous serez capable d’être aimant. Plus vous devenez insensible, moins il y a d’accès à la prière, moins il y de chances pour que la vie vous touche. Vous êtes déjà une chose morte. Vous trahissez votre propre vie. C’est bien préférable de prendre vos distances avec cette personne, pour vous sauver vous-même, et lui donner l’opportunité de comprendre. La deuxième solution est donc de partir.

Si le mari ne cesse de trahir sa propre vie, alors la femme dit qu’il est fidèle !

Il trahit sa propre vie – et personne n’est responsable pour la vie de quelqu’un d’autre !

Vous êtes là pour vous-même, et je suis là pour moi.

Personne n’est là pour satisfaire les attentes de quelqu’un d’autre. J’ai ma vie à vivre et vous la vôtre.

Si tout va bien, alors je peux grandir avec vous – si tout va bien et que vous vous épanouissez avec moi – magnifique ! On peut alors être ensemble. Mais si vous êtes tuant-e ou que je vous empoisonne la vie, c’est bien préférable de nous séparer. Cette séparation va sauver deux vies, elle va libérer deux prisonniers. Ce n’est pas une trahison.

Il n’y a qu’une sorte de trahison, c’est de se trahir soi-même, de trahir son propre élan de vie. Il n’y a pas d’autre trahison. Si vous continuez à vivre avec une femme impossible, possessive, ou un mari sans aucun amour, vous êtes en train de détruire l’opportunité qu’est votre vie.

Dans le Talmud il y a cette parole : « Dieu va vous demander :‘Je t’ai donné de si nombreuses occasions d’être heureux, pourquoi les as-tu ratées ?‘ »

Il ne va pas vous demander : « Quels péchés as-tu commis ? » Il te demandera : « Quelles occasions d’être heureux est-ce que tu as ratées ? Tu es responsable de cela. »

Cette approche est vraiment très belle. « Tu seras responsable seulement des occasions d’être heureux que tu as rencontrées… et que tu as ratées ! »

Restez fidèle à vous-même – c’est la seule fidélité qui soit nécessaire – et tout ira bien !

Si vous êtes fidèle à vous-même, vous trouverez toujours un partenaire, un partenaire de vie, avec qui vous pourrez avancer. Autrement changez ! Il n’y a rien de mal là-dedans. Et c’est préférable pour le partenaire aussi, parce que si vous ne pouvez pas évoluez avec l’autre, vous allez vous venger. C’est ce que fait chaque mari et chaque épouse.

Si vous n’êtes pas à l’aise, que vous vous sentez étouffé, emprisonné, vous vous vengerez de l’autre – puisque c’est à cause de l’autre que cette prison existe. C’est à cause de l’autre que vous êtes piégé. Vous serez en colère, continuellement en colère. La colère va remplir toute votre vie. Et dans une telle situation, vous ne pourrez pas aimer. Comment pourrait-on aimer son propre emprisonnement ? Cet emprisonnement peut être votre femme, votre mari, votre père, votre mère, votre gourou – c’est pareil.

Si, ici, vous vous sentez emprisonné… échappez-vous le plus vite possible ! Avec ma bénédiction ! Car si c’est le cas, c’est dangereux d’être ici. Vous n’avez pas à être fidèle envers moi. La première des fidélités, c’est à l’égard de vous-même, tout le reste vient après. Si vous vous sentez étouffé, mutilé – partez ! N’attendez pas une seconde, et ne regardez pas en arrière. Trouvez un autre endroit. La vie est infinie. Il est possible que quelqu’un vous convienne mieux, et ne sois pas un emprisonnement pour vous, mais au contraire vous aide à être libre. Allez y. Cherchez. Soyez toujours en recherche.

Parce qu’autrement, si vous tournez en rond ici, pensant que vous êtes piégé, vous allez vous mettre à vouloir vous venger de moi. Vous allez être en colère contre moi. Vous allez vous faire passer pour un disciple, mais en réalité vous serez un ennemi. Et un jour ou l’autre vous allez exploser !

Dans toute relation on doit se rappeler que dans cette vie on est là pour apprendre, pour croître, devenir plus intelligent et plus conscient. Si quelque chose vous diminue, ce serait un péché de rester dans cette situation. Prenez le large ! Vous créerez ainsi un monde plus aimant. Mais on vous a appris juste l’inverse : même si vous n’aimez pas votre femme, aimez là ! Et personne ne pose la question : « Comment peut-on aimer une personne dont on n’est pas amoureux ? » L’amour était peut-être là au début, depuis il a disparu. Mais on vous a appris que l’amour ne s’en allait jamais ! C’est absolument stupide !

Tout ce qui arrive peut aussi s’en aller. Tout ce qui est né peut mourir.

Tout ce qui commence peut s’arrêter. Restez vrai et alerte.

Si l’amour n’est plus là, alors vivre avec cette femme est un péché. Si vous dormez avec cette femme vous êtes fautif . C’est une sorte de prostitution. Cette femme continue à vivre avec vous parce qu’elle n’a nulle part où aller. Elle continue à vivre avec vous parce qu’elle est financièrement dépendante de vous. Mais qu’est-ce que la prostitution ? C’est un arrangement financier. Maintenant il n’est plus question d’amour. Si vous allez voir une prostituée et qu’elle tombe amoureuse de vous et qu’elle refuse votre argent, elle n’est plus une prostituée. La prostitution est liée à l’argent. Quand, au lieu de l’amour, l’argent lie deux personnes, c’est de la prostitution.

Si vous vivez avec une femme sans amour, et que la femme vit avec vous sans amour – que c’est seulement un arrangement financier, parce que c’est devenu difficile… où aller ? Que faire ? Tout paraît inquiétant ! Alors on s’accroche, et on est en colère, dans les reproches, continuellement en bagarre…  «  mais il faut être ensemble, c’est votre devoir d’être ensemble ! » Si c’est ce que vous croyez, vous êtes très dangereux ! Et de ces prostitutions réciproques, quelle sorte d’enfant va naître ? Vous n’êtes pas seulement en train de vous détruire, vous détruisez aussi les générations à venir !

Ces enfants vont être élevés par vous – deux personnes continuellement en train de se battre, tout le temps en conflit ! Une partie d’eux va être du coté de la mère, une autre partie sera avec le père, et en profondeur il y aura une guerre civile permanente. Ils vont toujours être désorienté.

Quand vous venez me voir pour me dire : « Je suis dans l’embarras »…

Il y a quelques jours un sannyasin est venu me dire : « Je voudrais m’abandonner, mais en même temps je ne veux pas m’abandonner… » Que faire avec cet homme ? Et il dit : « Aide moi ! » Il voudrait se laisser aller, en même temps il ne veut pas lâcher prise. Une partie de lui dit : « Oui », l’autre dit : « Non ». C’est de la schizophrénie, une personnalité divisée, mais c’est comme cela que presque tout le monde est !

Et d’où vient cette déchirure intérieure ?

Cette déchirure vient d’un père et d’une mère tout le temps en conflit.

L’enfant parfois se sent proche de sa mère, parce qu’en fait il est proche des deux. Il a été amené dans ce monde par les deux. La moitié des cellules de son corps appartiennent à son père, la moitié des cellules de son corps appartiennent à sa mère. Et les voilà en conflit.

Il va être en permanence dans une guerre intérieure, il ne sera jamais à l’aise, détendu. Quoi qu’il fasse, une partie de lui va dire : « Non sens. Ne le fais pas ».

Si la partie maternelle dit : « Vas y », la partie paternelle va dire : « Non ! »… peut-être ne va-t-il pas le dire très fort, les pères ne le disent jamais très fort, mais la partie masculine va dire , non ! Si la partie masculine dit « Oui », alors la partie féminine va dire, alors vraiment avec force, « Non ! ».

Le fils de Mulla Nasrudin tomba amoureux d’une jeune femme. Il rentra chez lui, il alla voir Nasrudin pour se confier à lui et lui demander comment faire. Son père murmura à son oreille : « Si vraiment tu tiens à cette fille, va dire à ta mère : « Papa me l’interdit ! ». Dis bien : « Mon père est contre ». Et devant ta mère je dirais : « Je ne l’autoriserai jamais ! Alors, c’est certain, ton mariage aura lieu ! »

C’est toute une politique qui est engagée. Et tout enfant un peu sensible apprend les jeux de ce commerce, et va les reproduire toute sa vie. Il va rester intérieurement divisé, et quand il va amener une femme chez lui, il va jouer le rôle du père, et la femme va se mettre à jouer les mêmes jeux que jouait sa mère. Et toute l’histoire recommence… et le monde s’enfonce de plus en plus dans la folie !

Cette histoire de fou s’est produite parce qu’on vous a mal élevé.

Je ne vous enseigne qu’une fidélité : c’est la fidélité à votre propre vie. Ça paraît être très dangereux. On va croire que j’essaie de créer le chaos, l’anarchie… mais ce n’est pas ça du tout.

L’anarchie vous l’avez déjà créée – on ne peut rien faire de plus ! Je suis au contraire en train d’essayer d’y mettre un peu d’ordre, mais à partir de la liberté, j’y mets de l’ordre en tant que discipline intérieure, et non pas comme une chose forcée depuis l’extérieur.

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